La sondagite, ou le mépris du citoyen
Et dans cette logique, aujourd’hui 2 décembre 2006, un sondage vient de tomber : Sego-Sarko 50-50% ....
En 2002, souvenez-vous en, les sondages annonçaient dès janvier un affrontement "Chirac-Jospin" au second tour avec alternativement la victoire de l’un ou de l’autre, selon l’institut de sondage et l’actualité propre aux deux candidats-vainqueurs annoncés. L’abstentionnisme qui s’ensuivit a mené l’extrême-droite au second tour en 2002. Lionel Jospin a manqué le second tour de quelques poignées d’électeurs qui, pantouflards du dimanche, confiants dans les sondages, se sont abstenus, mais clamaient dès le lendemain dans les rues : "J’ai honte d’être Français". En faut-il encore ?
Aujourd’hui il y a du progrès : dès mai 2006, un an après le referendum sur la Constitution Européenne et 12 mois avant l’élection présidentielle de 2007, les instituts de sondage nous abreuvaient déjà de leurs prédictions.
Ils nous présentent aujourd’hui 2 personnalités incontournables ; dont l’une en l’occurrence, et c’est un comble, n’a pas encore présenté son programme.
Dans le cas de Ségolène Royal, qui s’étonnera de savoir que celle-ci a signé dès le mois de mai 2006 un contrat de douze mois
avec une des plus grosses agence de communication de Paris (Mather). Il
fallait être bien convaincue de l’appui des medias en mai, pour savoir
le résultat des urnes du P.S de novembre, et prendre contrat jusqu’en
avril 2007 ! (ascension buzzométrique de Sego-Sarko)
Les medias nous présentent 2 candidats qui se trouvent être deux personnalités ayant appelé à voter OUI en 2005 : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal étaient de ceux-là. En un mot le prochain Président de la République Française sera de toute façon un perdant, un minoritaire sur la question cruciale de la construction européenne. Quelle perspective !
La France a-t-elle besoin d’un Président de la République qui les représente minoritairement sur un sujet aussi important que l’Europe dont découlent la politique de l’emploi, les questions économiques, l’énergie, la stratégie de Défense ?
Comment la conscience du citoyen est-elle prise en otage dans ce cirque ?
- 1) les journaux font un battage médiatique sur l’une ou l’autre personnalité en fonction duplan média" des personnalités politiques. Les instituts de sondage ne sontpas indépendants : ils travaillent en début de campagne sous contrat pour l’un ou pour l’autre des candidats, via leur parti.
- 2) Les agences de communications et les journaux transcrivent les statistiques de l’opinion. C’est à dire rien d’autre que le niveau d’efficacité d’une campagne mediatique orchestrée, rien d’autre que la "disponibilité cérébrale" des citoyens. A ce propos, les médias seregardent eux-mêmes en lisant les sondages.
Nulle opinion dans cet étalage de réactions affectives. Du sentiment dirigé.
- 3) Les médias exposent des sondages performatifs. C’est à dire qui créent par leur parutionmême -et l’effet de leur répétition- l’évidence d’un soi-disant choix à opérer entre deuxpersonnalités.
Dans cette histoire, les électeurs sont-ils considérés comme des citoyens éclairés ?
Pourquoi se déplacer aux urnes lors du premier tour, en effet, quand le résultat du second est annoncé avec six mois ou même un an d’avance ? Telle a été la question que se sont posés les électeurs en 2002 , et notamment les plus jeunes.
Exemple de démocratie participative efficace : Par respect pour la sérénité démocratique, et pour libérer l’exercice du débat politique de la tyrannie des sondages, je demanderais à Messieurs et Mesdames les Députés, de prendre une loi interdisant tout sondage visant à réduire l’espace démocratique (sondage des vainqueurs du premier tour de la Présidentielle) au moins 6 mois avant les échéances officielles.
Idée simple : interdire les sondages au second tour quand le premier tour n’est pas encoreréalisé. Ce serait la moindre des politesses, et un retour à une vraie qualité de citoyenneté.

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